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 La naissance de la race

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MessageSujet: La naissance de la race   Sam 23 Fév - 13:40

A l'angle oriental commun aux Etats de l'Oregon et de Washington, entrant un peu dans l'Idaho, s'étend une région de collines grande comme cinq ou six départements français. Des arbres couvrent les versants nord ; ailleurs, ce sont des champs et des prairies. Autrefois, le sol était couvert d'herbe, de graminées et de buissons bas. Les trappeurs canadiens français de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dans la deuxième décennie du XIXme siècle, appelèrent cette région la Pelouse, comme d'autres avaient appelé Prairie les Plaines de l'est des Rocheuses. Le même nom échut à une rivière, et à la tribu qui vivait sur ses rives. Pelouse, anglicisé, devint Palouse.



La Snake River serpente dans la Palouse (09/98)
Les chevaux, arrivés au début du XVIIIme siècle, trouvèrent là un terrain idéal. De ce cheptel hétéroclite, les Nez Percés, ou Cho-pun-nish créèrent une nouvelle race, que les coureurs des bois appelèrent "cheval de la Pelouse", "palousé". L'anglais en fit "appalosey" puis "appaloosa".

La première mention de leur existence revient à Meriwether Lewis : en février 1806, à Fort Clatsop, il inscrit dans son journal :

Leurs chevaux se révèlent d'excellente race ; ils sont nobles, élégamment tournés, actifs et résistants ; en bref, beaucoup d'entre eux ressemblent à de beaux coursiers anglais et feraient belle figure dans n'importe quel pays. Certains de ces chevaux sont tachetés de grands points blancs dispersés sans régularité et mêlés au noir, brun ou bai ou quelque autre couleur sombre mais, de loin, la plus grande partie est de couleur unie avec des étoiles, des taches blanches aux lèvres et aux pieds ou, à cet égard, marqués comme nos meilleurs chevaux de sang des Etats-Unis à qui ils ressemblent aussi bien en rapidité et vigueur qu'en forme et en couleur. Les autochtones les laissent en liberté dans les plaines, dont l'herbe fournit leur seule subsistance, leurs maîtres ne prenant pas la peine de faire des réserves pour l'hiver, mais ils ne maigrissent pas pendant l'hiver grâce à l'herbe sèche des plaines, à condition de n'être pas trop utilisés. Il pleut rarement sur ces plaines et l'herbe est courte et maigre. Les autochtones (à l'exception de ceux proches des Montagnes Rocheuses), ne prennent pas la peine de sélectionner leurs chevaux mâles reproducteurs...

Quelques mois plus tôt, sur place, Joseph Whitehouse avait écrit :

Le groupe vit un grand nombre de chevaux qui appartenaient aux autochtones, dont certains étaient très élégants.

A leur retour chez les Nez Percés, Lewis note encore le soin que ceux-ci apportent lors de la castration des animaux. Cette tribu est la seule connue à avoir pratiqué la reproduction sélective : ils castraient les mâles aux qualités insuffisantes, accouplaient les plus beaux étalons et, de façon informelle, créaient des lignées. En quelques générations, ils avaient obtenu un animal bien distinct du reste du troupeau : sa robe était bicolore, mouchetée sur tout le corps, ou une partie seulement. Alerte, plein de tempérament, mais d'un caractère posé, l'appaloosa était utilisé pour la bataille, la chasse au bison, la parade. Les animaux moins nobles, ceux qui ne provenaient pas de la sélection, étaient affectés aux tâches plus communes, et parfois mangés, lorsque les provisions d'hiver étaient insuffisantes. Dès 1805, la race était bien établie, mais loin d'être majoritaire.

Les trappeurs vinrent moins de cinq ans après le passage de Lewis et Clark. Puis ce fut le premier missionnaire, Jason Lee, en 1834 ; puis, à partir de 1843, les trains de chariots des colons. Dès 1855, le nombre des Américains était tel que les Nez-Percés acceptèrent de signer un traité, où étaient définies les frontières d'une grande réserve, suffisamment étendue pour que chacun y trouve son compte. On y découvrit de l'or cinq ans plus tard ! Les Nez-Percés accordèrent un droit d'entrée sur une petite partie. Un vapeur chargé de prospecteurs, en eaux basses, accosta avant cette nouvelle frontière : la ville de Lewiston, au bord de la Snake River, naquit de trop de tirant d'eau !

Peut-être les mineurs auraient-ils été supportables, mais ils étaient suivis de l'habituelle cohorte de joueurs professionnels, de prostituées, de bandits sans feu ni lieu, comme d'honnêtes commerçants et de nouveaux colons. En 1863, les Américains réduisirent la réserve de 90% ! Les bandes les plus sédentaires acceptèrent. Toute confiance perdue, d'autres refusèrent de signer ce nouveau traité et restèrent sur leurs terres : parmi elles se trouvait la bande du vieux Joseph. Les Nez Percés avaient toujours eu un comportement amical : la pression pour leur faire rejoindre la réserve était assez douce, mais persistante et de plus en plus forte. La racaille qui avait suivi les mineurs, expulsée des villes par les comités de vigilantes, se dispersa là où on ne viendrait pas la chercher, sur les terres des indiens. Les mineurs malchanceux s'installèrent. Certains étaient honnêtes, achetaient une ferme aux indiens. Beaucoup vivaient d'expédients, de la vente d'alcool et de vol de bétail. En quelques années, une trentaine de Nez Percés furent tués, sans que justice soit faite, ni que vengeance soit prise.

Le vieux Joseph mourut. Son fils lui succéda. Il eut, avec le commandant de la région, le général O.O.Howard, plusieurs conférences, pour conserver un maximum de ses terres. Il était intransigeant. Le 15 mai 1877, excédé, Howard lui signifia un ultimatum : il n'aurait rien ! Lui et sa bande avaient un mois pour rejoindre la réserve établie en 1863.

Il n'y avait plus de choix : les hommes rassemblèrent ce qu'ils purent des troupeaux, les femmes empaquetèrent leurs ustensiles et on se mit en route. Le 14 juin 1877, alors qu'ils étaient presque arrivés, trois jeunes Nez-Percés, en quête de vengeance et d'honneur, assassinèrent plusieurs Américains. Une vingtaine de guerrier, vite ivres de mauvais whisky, leur emboîta le pas. La révolte venait d'éclater : lâchés par les bandes qui avaient signé le traité, conscients qu'ils n'auraient pas le dessus contre l'armée américaine, sept cents Nez-Percés, hommes, femmes, enfants, prirent la fuite vers le Canada avec 3000 chevaux, sous la conduite de Chef Joseph et de son frère Olikut. Ils couvrirent plus de 1500 kilomètres, gagnèrent plusieurs batailles et firent l'admiration de tous. Lorsqu'ils se rendirent, épuisés, à une soixantaine de kilomètres seulement de la frontière canadienne le 7 octobre 1877, ils n'étaient plus que 400. Leur troupeau avait fondu. Les Américains leur prirent entre 800 et 1500 bêtes : une partie mourut d'épuisement pendant leur transfert au Dakota, quelques centaines furent données aux Cheyennes et aux Sioux, et le restant vendu. Les Nez-Percés furent envoyés dans le "Territoire indien", aujourd'hui l'Oklahoma. L'élevage des appaloosas venait brutalement de cesser !


Un article de magazine, en 1937, fit découvrir que la race existait toujours : les animaux restés en liberté après la fuite des indiens avaient peu à peu intégré le cheptel des fermiers locaux. La souche subsistait. L'année suivante, sous l'impulsion de Claude Thompson, un fermier de l'Oregon, naquit l'Appaloosa Horse Club, qui rendit le nom officiel. Depuis, les propriétaires ont bien travaillé : avec plus de 500 000 animaux enregistrés, la race est la cinquième au monde par sa population.

On reconnaît d'abord l'appaloosa à sa robe : comme l'écrivait Lewis en 1806, elle est marquée de taches inégales, blanc sur fond sombre, ou de marques foncées sur fond blanc, comme un dalmatien, marbrée, ou mouchetée, comme si une couche de givre s'étendait sur le poil. Les noms sont "leopard", pour les taches brunes, "snowflake" (flocon de neige), pour les taches blanches, "blanket" (couverture), lorsqu'une grande partie claire couvre l'arrière-main, alors que le reste de la robe est sombre, "marble", lorsque le poil est strié de marbrures, et "frost", lorsqu'il semble couvert de givre. Sous le poil, la peau change aussi de couleur : brune sous le poil sombre, rose sous le poil blanc.
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Lustucruw'
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MessageSujet: Re: La naissance de la race   Ven 29 Fév - 12:12

Roo lla llaa Juliette tu as encore fait trop de texte ....Very Happy .
Tu as du te décapité les mains, non ? Razz
Texte tres intéréssant .Bravo

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MessageSujet: Re: La naissance de la race   Ven 29 Fév - 12:49

Décapiter les mains ???!
Non, je ne penses pas. je pense qu'elle est allée chercher les informations sur Internet et qu'ell a fait du copier/coller Razz
Si j'ai tort, dites le moi Smile

chouw'
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